Une journaliste française est toujours retenue en Iran
September 1st, 2007Le site web de Rue89 a publié un article sur Mehrnoushe Solouki.
Aussi en PDF: Rue89_20070831
Le site web de Rue89 a publié un article sur Mehrnoushe Solouki.
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Montréal – 18 août 2007 - Mehrnoushe Solouki, cinéaste documentaire, est toujours retenue en Iran contre son gré. Elle a été blessée dans un accident suspect où elle a été renversée par une motocyclette.
Alors qu’elle effectuait des recherches pour un documentaire en Iran munie d’un permis du Ministère de la Culture et de la Guidance Islamique, Solouki a été arrêtée le 19 février 2007. Détenue un mois en isolation à l’infâme prison de Evin, elle a été relâchée le 18 mars 2007. Ses parents ont dû mettre leur maison en caution pour qu’elle soit libérée dans l’attente d’un procès. Son caméscope, son ordinateur et ses bandes vidéos ont été saisies par les autorités iraniennes. Rappelons que la cinéaste indépendante détient la nationalité iranienne et française, et la résidence permanente au Canada où elle étudie au doctorat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Le 23 juin 2007, l’Agence France Presse rapporte les paroles du vice-procureur de Téhéran, Hassan Hadad, cité par l’agence ISNA. “Mehrnoushe Solouki est libre. Aucune assignation en justice n’a été portée contre elle pour le moment et l’enquête continue”, a déclaré M. Hadad.
Depuis 7 mois, aucune accusations n’ont été portées contre Solouki, mais l’interdiction de quitter le pays n’a toujours pas été levée. Les avocats iraniens que Solouki a consulté ont décrit ce délai comme étant illégal et concluent que l’état iranien viole ses droits de citoyenne iranienne, tout en niant sa nationalité française.
Le dimanche 29 juillet, Solouki a été renversée par une motocyclette alors qu’elle s’approchait de son domicile. Le motocycliste a fuit les lieux. Solouki a subit une blessure à la tête, une coupure profonde à la joue gauche, et a reçu un violent coup à la jambe droite, nécessitant de porter une attelle pour plusieurs jours. À ce jour, elle reçoit encore des soins médicaux : la plaie de son visage est infectée et a nécessité une petite intervention le 15 août; elle reçoit aussi de la physiothérapie pour sa jambe. Parce que son médecin traitant hésite à lui remettre un dossier médical écrit, Solouki a transmis à Denis McCready des photos récentes montrant ses plaies. L’ambassade de France à Téhéran est au courant de l’accident de Mme Solouki.
Solouki a renoncé à habiter son domicile craignant pour sa sécurité. Elle subit une pression psychologique intenable depuis sept mois, recevant régulièrement des menaces et de l’intimidation par téléphone et par courriel. Elle souffre de cauchemars depuis l’accident du 29 juillet.
La semaine dernière, le dossier de Solouki a été transmis au Procureur de Téhéran. Le dossier aurait du être transféré à un Tribunal le 19 août, permettant la déclaration d’un verdict final et la levée de l’interdiction de déplacement, mais le 14 août dernier, le Procureur n’a pas transmis le dossier de Solouki.
Mme Mehrnoushe Solouki souhaite que l’interdiction de quitter l’Iran soit levée, que la caution sur la maison de ses parents soit annulée et qu’elle puisse quitter l’Iran le plus rapidement possible pour retrouver sa liberté et sa santé.
version PDF du texte: Solouki18août2007
A petitions can’t change the world, but in this situation it can make a difference by showing that citizens care about and support this cause.
Une pétition ne changera pas le monde, mais dans ce cas présent elle peut faire une différence en montrant que les citoyens sont préoccupés par cette cause.
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Voici l’article de l’AFP.
Voici la réponse de M. Solouki:
Chers journalistes,
Bien malencontreusement je suis tombée sur certains de vos articles… tous provenant d’une source unique, les dépêches de l’AFP à Téhéran. Dure fut mon arrestation « elle a été placée en détention pendant un mois dans la prison d’Evin, sous la lumière permanent d’un néon et subissent de nombreux interrogatoires » (17 février au 18 mars). Oui en effet. Mais elle l’aurait été moins si j’avais su que l’on relatait mon cas dans les colonnes des journaux à cet instant là.
Ne trouvez-vous donc pas ironique que mon cas soit relayé à cet instant là par des amis du Canada, et la presse canadienne, et non par les journalistes de Téhéran? J’entends ici par journalistes à la cocarde.
Je n’ai donc pas échapper à l’écueil :« C’est après avoir interrogé des familles des mojahedins opposant au régime de Téhéran que Mehrnoushe Solouki a été arrêtée ».
Mes chers amis de AFP, comment peut on savoir que ces familles sont dites mojahedins ? De qui viennent donc ces éléments ? Bigre, un problème de source, Messieurs ?
Je voudrais rajouter que je n’ai pas été arrêtée lors du tournage, mais lors du montage. Ce qui signifie que mon comité de réception connaissait mes agissements puisque j’agissais en toute légalité puisque dotée de l’aval du ministère de la Guidance (Islamique n.d.l.r.).
En lisant cette sacrosainte phrase, je n’ai pu m’interdire de penser à cette question martelée lors de mon interrogatoire : « comment et par quel biais vous avez rencontré les familles des mojahedins en Iran, et les interviewer ».
Non content de l’avoir entendu, je l’ai lu sur d’interminables questionnaires (sans QCM, je le précise). Et tout aussi fidèle que la question, ma réponse fut « jamais je n’ai pas rencontré les familles des mojahedins en Iran». Car enfin, les Mojahedines, en Iran, sont une espèce en voie d’extinction. Ainsi, mes geôliers, après un mois d’insistance et donc un salaire amplement mérité, ont fini par admettre qu’il n’y avait pas d’affaire de familles mojahedines. Aussi dans leur immense dévouement, mes interrogateurs n’ont-ils pas décidé de me proposer des ectoplasmes pour cause de mon interrogatoire. Le travail accompli, l’un d’eux a décidé de prendre des vacances bien méritées. Qu’il en soit remercié.
Je vous comprends, chers journalistes de AFP installés a Téhéran, le dédale administratif iranien, la vacuité des officielles font de votre vie téhéranaise une vie bien difficile. Mais pouvez-vous rester muet quant au sort de ressortissants étrangers - parfois compatriotes - dans la pénombre d’une accusation ?
Tant est grande la créativité de l’homme. Pour preuve, l’invention d’un ennemi invisible trouve une certaine concurrence entre nations. Mais dans le cas qui nous occupe, peut-on en être dupe ? Là est la question.
Je crois pour ma part qu’il est temps de se poser une question, le mutisme des journalistes français sert-il les intérêts français ou iraniens? Je ne peux que poser, pour l’heure, de telle façon à savoir brutalement tout comme la question assénée par mon cher geôlier.
Merci de votre attention,
- Mehrnoushe Solouki
“Iran Cracks Down on Dissent” - New York Times - 24 juin 2007
PDF: nyt_20070624.pdf
Sur YahooFrance 22 juin 2007
Copyright Mehrnoushe Solouki. Reproduction rights granted if part of an article about Mehrnoushe Solouki’s situation.
Tous droits réservés à Mehrnoushe Solouki. Droits de reproduction accordés si intégré à un article parlant de sa situation.
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Picture taken from her film “The Evil and the Good” while she is filming in Tehran in 2005.
Photo prise de son film ” Le Mal et le Bien” pendant qu’elle tourne à Téhéran en 2005.
LARGEST
Medium
Lor res
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Nouvelles photos - New Pictures - Mehrboushe Solouki - 6 Octobre 2007
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Photos taken before her arrest
Photos prises avant son arrestation
NOUVELLES PHOTOS DE MEHRNOUSHE SOLOUKI
“Iranian students report crackdown” BBC News - Middle East - Sunday, 17 June 2007
Download PDF here: bbc_20070617.pdf
QUESTIONS AUX AUTORITÉS IRANIENNES
Pourquoi suis-je encore retenue en Iran?
N’avais-je pas le consentement des fonctionnaires iraniens et plus encore leurs sacro-saintes autorisations? Pour être en Iran? Pour séjourner? Pour filmer?
Ai-je dérogé à une règle, une seule, prescrite par la République islamique?
Aux yeux de la justice iranienne et après instruction, non.
Alors, pourquoi suis-je retenue encore en Iran?
Suis-je l’otage de conflits entre les puissances?
Suis-je coupable d’adopter la nationalité d’un autre pays? Coupable de ma résidence au Canada? Coupable de ma condition de cinéaste indépendante?
Le mutisme du Ministère de l’intérieur ne laisse rien augurer.
La prison, les pages de confession arrachées suffisent-elles?
Et pourtant je demeure retenue en Iran…. Non une prisonnière retenue à Téhéran. Une invitée forcée qui aimerait se retirer pour ne pas indisposer ses hôtes.
Ai-je enfreint une loi en voulant réaliser un film, bien modeste avec la conscience universitaire, sur les événements d’août 1988? Pour les autorités iraniennes, non. Alors qui ordonne d’arrêter telle ou telle personne, sans chefs d’accusations?
…
J’ai dû me confesser et dire ce que mes geôliers trouveraient plaisant.
Et pourtant…
Pourquoi suis-je encore retenue en Iran?
C’est vrai que je ne trouve plus joli Téhéran, étant assignée à résidence.
Pour l’heure une seule question me hante: Pourquoi suis-je encore retenue en Iran?
- Mehrnoushe,
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SIGNEZ LA PÉTITION ICI - SIGN PETITION HERE
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Mehrnoushe Solouki est une cinéaste indépendante de nationalité française et iranienne, qui est aussi résidente du Canada où elle poursuit ses études doctorales. Elle a été arrêtée à Téhéran le 19 février 2007, détenue dans des conditions inacceptables à la prison d’Evin pendant un mois puis relâchée le 20 mars 2007. Son caméscope vidéo, son ordinateur ainsi que ses bandes vidéo ont été saisis. Le gouvernement iranien l’accuse d’avoir “mis en danger la sécurité nationale” et lui interdit de quitter l’Iran.
Mme Solouki avait un permis du Ministère de la Culture et de la Guidance Islamique (Ministry of Culture and Islamic Guidance) pour effectuer une recherche pour un documentaire. Son arrestation et cette accusation sont le fruit d’un grave malentendu et nous souhaitons que les autorités iraniennes clarifient cette situation rapidement.
Nous demandons au gouvernement d’Iran de libérer Mehrnoushe Solouki des accusations qui pèsent contre elle, de lui remettre ses équipements, et de lui permettre de quitter l’Iran dans les plus brefs délais afin qu’elle puisse retrouver sa liberté et sa santé.
-Denis McCready
Un ami de Mehrnoushe Solouki
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Mehrnoushe Solouki is an independant filmmaker with dual citizenship (France and Iran) and a resident of Canada, where she is pursuing her PhD. She was arrested in Tehran on 19 February 2007, detained in unacceptable conditions at the Evin prison for a month, then released on 20 March 2007. The authorities have confiscated her video camera, her computer and her video cassettes. The government of Iran accuses her “endangering national security” and are preventing her from leaving Iran.
Ms Solouki had a permit from the Ministry of Culture and Islamic Guidance to research her documentary. Her arrest and this accusation are a grave misunderstanding and we wish the iranian authorities clarify this situation rapidly.
We ask the government of Iran to free Mehrnoushe Solouki of the accusations against her, to hand her back her equipment, and to allow her to leave Iran in the shortest delay to allow her to regain her freedom and her health.
-Denis McCready
A friend of Mehrnoushe Solouki